« Made in Rimouski » : la science au service du monde entier Par Chantale Arseneault

« Made in Rimouski » : la science au service du monde entier Par Chantale Arseneault

Vous le saviez, vous, que le 2e étage du 115, boulevard Saint-Germain, au centre-ville de Rimouski, grouille de chercheurs ? Ils se font discrets, pourtant ils accomplissent de grandes choses. Il y a de quoi être fier !
J’y ai rencontré Guillaume Morissette, ingénieur, inventeur, directeur de la recherche et développement au Centre interdisciplinaire de développement en cartographie des océans (CIDCO). Il est aussi le fondateur de la jeune entreprise technologique Ocean Riot. Lors de mon passage au CIDCO, Guillaume était accompagné de Frédérick Blouin M.Sc. et directeur général du CIDCO.
Ils m’expliquent que ce qui se développe ici, à Rimouski, sert aux gouvernements, aux pêcheurs, aux gestionnaires de ports, aux communautés autochtones et aux scientifiques partout dans le monde.
Oui, oui… partout dans le monde.
Une technologie née ici… pour répondre à de vrais besoins
Au CIDCO, une équipe d’une dizaine d’employés, épaulée par plusieurs saisonniers, géomaticiens et informaticiens, travaille sans relâche. On y crée, on y teste, on y analyse, on y traite des données. La recherche n’arrête jamais vraiment.
Mais transformer une découverte scientifique en solution concrète sur le terrain, ce n’est pas automatique. Ça prend des années et lorsque c’est prêt, il faut être en mesure de mettre en marché les outils qui émergent de ces recherches.
Et c’est exactement là qu’entre en jeu Ocean Riot, une entreprise en démarrage issue directement du CIDCO, un parfait exemple de transfert technologique… Made in Rimouski.
« Le CIDCO fait la recherche. Ocean Riot, c’est le pont vers l’industrie. On matérialise les produits de la recherche pour qu’ils deviennent des outils utilisables sur le terrain », explique Guillaume.
Des yeux et des oreilles sous l’eau
L’un des projets phares d’Ocean Riot, c’est un petit sous-marin jaune robotisé, conçu pour cartographier les fonds marins avec une précision impressionnante.
Comment ça fonctionne, concrètement ?
Le sous-marin :
prend des milliers d’images haute résolution,
crée une immense mosaïque du fond marin,
un peu comme un Google Maps sous l’eau.
Ensuite, l’intelligence artificielle entre en jeu :
elle repère chaque espèce (crabes, homards, oursins, concombres de mer, etc.),
mesure leur taille, calcule leur répartition,
et produit une carte extrêmement précise des populations marines.
Résultat :
« Avant, on envoyait des plongeurs. C’était long, coûteux et risqué. Aujourd’hui, on obtient des données en quelques heures au lieu de plusieurs mois », explique Guillaume.
En parallèle, d’autres inventions ont vu le jour : l’échoboat et l’Hydro-block.
Pour les pêcheurs, les gestionnaires de ports… et les générations futures.
Ces technologies sont déjà utilisées pour :
-l’évaluation des stocks de poissons,
-la maintenance portuaire,
-la cartographie de zones de pêche,
-la surveillance de l’ensablement,
-la protection des infrastructures,
-et l’adaptation aux changements climatiques.
Les changements sont bien réels :
la disparition des bancs de crevettes,
la migration du homard,
l’érosion côtière.
Et grâce à ces outils développés ici, à Rimouski, les pêcheurs, les gestionnaires et les gouvernements peuvent enfin prendre des décisions basées sur des données actuelles, précises et fiables.
Même le Groenland, l’île de Baffin et les côtes du Danemark utilisent aujourd’hui ces technologies.
Des humains derrière la haute technologie
Guillaume Morissette a grandi en Outaouais, mais sa famille est à Rimouski.
Il y passait tous ses étés, toutes ses Fêtes. Pour lui, « le bonheur habite ici ».
Formé en mathématiques et en génie logiciel, il travaille depuis plus de 15 ans dans le développement de modèles, d’algorithmes, et maintenant… dans l’intelligence artificielle.
« Les algorithmes existent depuis les années 60. Ce qui change aujourd’hui, c’est qu’ils sont devenus accessibles. Maintenant, on peut vraiment mettre l’IA au service du citoyen.»
Depuis le 1er avril 2025, le CIDCO est dirigé par Frédérick Blouin. Scientifique de formation, il est détenteur d’une maîtrise en océanographie. Originaire de Québec, il est Rimouskois d’adoption depuis 1989.
Le CIDCO est un organisme à but non lucratif. Il a déjà donné naissance à deux entreprises en démarrage, dont Ocean Riot.
On y développe :
-des appareils physiques,
-des logiciels,
-des plateformes,
-et des solutions en intelligence artificielle.
Tout ça, ici. À Rimouski.
Une fierté locale… à portée mondiale
Des solutions non intrusives, durables, rapides, sécuritaires. Et surtout : humaines.
Pour toutes ces raisons, il y a vraiment de quoi être fier. Muffin & Café suivra Ocean Riot parce qu’il est mené par ceux qui transforment la science en solutions concrètes. Et parce que ce qui est fait ici… sert le monde entier.
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